La question de l'engagement radical chez les femmes est également un sujet de recherche important, dans la poursuite notamment des travaux de Géraldine CASUTT sur les femmes et le djihad. Constance WILHELM-OLYMPIOU souligne tout d'abord que la manière dont les femmes djihadistes ont été considérées a beaucoup évolué. Entre 2013 et 2015, les femmes de retour des zones d'opération étaient avant tout considérées comme des victimes, avec l'idée qu'elles étaient soumises aux décisions et à l'autorité d'un conjoint radicalisé. Elle explique : "La nature féminine est considérée comme non-violente, maternelle, passive. On considérait alors qu’elles ne pouvaient avoir rejoint ces groupes que sous la contrainte ou par naïveté". Avec l'attentat raté de Notre-Dame, organisé par des femmes, cette vision change et on comprend que l'engagement violent peut aussi être féminin. Depuis 2023, la chercheuse indique que les femmes sont jugées comme « plus que des victimes, pas tout à fait des combattantes ».
D'autre part, puisque la majorité des femmes djihadistes n'ont pas combattu, la justice s'est attachée à les condamner différemment. C'est sur leur rôle d'épouse, de mère, et sur leur gestion du foyer qu'elles ont été jugées. Janna BEHEL explique que pour les services antiterroristes, « Les hommes font le djihad par les armes et les femmes vont faire ce qu’ils appellent le « djihad du ventre ». Parce qu'elles n'ont pas combattu, c'est sur ces faits qu'elles sont jugées, la justice leur attribuant « des intentions terroristes dans ces actes domestiques » comme l'explique Constance WILHELM-OLYMPIOU.
Enfin, du côté des enfants, les travaux d'Elodie CARTIER mettent en avant une vision paradoxale dans le traitement de ces derniers. Parce qu'ils ont vécu sur zone et qu'ils ont subi un endoctrinement important, ces "lionceaux du califat" sont vus comme un potentiel danger par le droit public. Mais du point de vue civil et du droit privé, ces enfants sont des victimes et doivent être protégés à travers un suivi réalisé par l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE).